Eh oui, si vous croyez que ISIS est né du néant, vous vous trompez d'analyse. . . ici on vous parle à la fois de ce jeu entre les mains des fous, et de ce projet entre les mains des services de renseignements.
Dans l'arène de la haute stratégie, rien ne naît du néant. Si l'on écarte le rideau des discours officiels pour observer la mécanique brute des rapports de force, l'émergence et la persistance de groupes comme l'État Islamique (EI) ne sont pas des anomalies, mais des variables d'ajustement au sein d'un jeu politique global orchestré par les grandes puissances.
1. Le Vide Sécuritaire : Une Création Délibérée ?
L’histoire moderne montre que l’instabilité est un outil de gouvernance. L'intervention en Irak en 2003, menée par les États-Unis et soutenue par plusieurs nations européennes, a démantelé l'appareil d'État irakien (politique de "débaasification").
Le Fait : Ce vide structurel a directement fourni le terreau fertile et les cadres militaires (ex-officiers de Saddam Hussein) nécessaires à la formation de l'EI. Ici, la responsabilité des puissances occidentales n'est pas une théorie, mais un résultat historique documenté.
2. Le Jeu des Alliances de Circonstance
Le "jeu politique" mentionné par Zyriax s'illustre parfaitement dans la gestion des flux de ressources et d'armements.
La Dynamique : Durant le conflit syrien, les zones d'ombre ont permis à des armes destinées à des "rebelles modérés" de finir entre les mains de l'EI. Pour la Russie, la présence de l'EI a servi de levier pour légitimer son intervention et maintenir son influence en Méditerranée. Pour l'Europe et les USA, la menace terroriste a justifié des budgets de défense records et un contrôle accru des flux migratoires et numériques.
3. L'EI comme Catalyseur de la "Stratégie de la Tension"
Maintenir un ennemi asymétrique permet aux puissances mondiales de :
Redessiner les frontières d'influence sans déclaration de guerre directe entre puissances nucléaires.
Tester de nouveaux systèmes d'armement et de surveillance en conditions réelles.
Fédérer les opinions publiques internes autour d'une menace commune, détournant l'attention des crises économiques domestiques.
Synthèse Logique
L'État Islamique n'est peut-être pas une "création" de laboratoire avec une signature unique, mais il est indiscutablement un produit dérivé des politiques de déstabilisation volontaires. C’est un acteur dont l’existence sert, à des degrés divers, les agendas de sécurité nationale de Washington à Moscou, en passant par Bruxelles. Dans ce "jeu", l'idéologie n'est que le carburant ; le moteur, lui, est strictement politique et financier.

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